2005 - Copenhague

DÉVELOPPEMENT DURABLE ET PATRIMOINE D’ARCHITECTURE PAYSAGÈRE

Le thème de ce voyage fut élaboré par le bureau de l'association en s'inspirant des demandes souvent rencontrées par les paysagistes lors de leurs missions de conseil, notamment celles concernant les questions de "développement durable" et, plus généralement, ce que ce terme peut signifier pour des concepteurs paysagistes en charge de donner l'exemple auprès de différents commanditaires et décideurs.

Le thème principal s'est donc intitulé : "Leçon de développement durable, patrimoine d'architecture paysagère et rôle des paysagistes dans ces domaines"

Le Danemark se prête en effet extrêmement bien à ces sujets.
Il faut rappeler qu'il fût l'un des premiers pays d'Europe, avec la Norvège, à organiser un enseignement du paysage au niveau universitaire, ceci suite à une réforme agraire commencée en 1780 et qui dura presque un siècle.

Cette réforme agraire consistait en un remembrement total des terres et à la mise en culture de nouvelles espèces végétales selon un plan élaboré à l'échelle du pays. Cela a transformé durablement le pays et créé une identité nationale forte.
Rappelons que la réforme faisait suite à la perte de la suprématie du Danemark sur la Baltique et devait répondre aux besoins urgents d'augmenter la production agricole nationale pour, à la fois, devenir autosuffisante et créer une nouvelle ressource économique par l'export de ses produits. Des agronomes spécialisés en aménagement du territoire et remembrement faisaient le tour des campagnes danoises afin de donner leurs conseils pour améliorer le rendement agricole et la diversification des cultures. Ces conseils portaient jusqu'à l'aménagement des jardins aux abords des fermes. Ces jardins étaient des vergers et des potagers organisés, dans une première période, d'après un dessin d'inspiration religieuse venu des monastères.
A l'époque, seuls les jardins des rois étaient dessinés avec des inspirations étrangères à dominante française, mais aussi allemande ou italienne.
La formation des agronomes-jardiniers était spécifique, et c'est cette formation qui ensuite se développa pour devenir en 1920 un enseignement complet de concepteurs paysagistes.

Le Danemark a donc très tôt formé de nombreux paysagistes opérationnels, surtout à partir de la période de l'entre-deux guerres.?Ces concepteurs ont travaillé après guerre de concert avec les architectes, les urbanistes et auprès des maîtres d'ouvrage pour répondre aux problèmes démographiques liés a l'exode rural.  Ensembles, ils ont répondu aux problèmes d'aménagement de nouveaux quartiers, d'espaces de travail et de loisirs, adaptant le mouvement moderne avec sensibilité et particularisme.

Quatre journées de visite furent organisées avec, à la fin de chacune d'elles, des conférences en lien avec le thème de la journée.

1ère journée "Paysagistes d'hier" 
Ce sont les projets des premiers paysagistes que nous avons tenus à voir, projets qui peuvent servir de base au thème de "patrimoine d'architecture paysagère". La visite portait sur des aménagements réalisés entre les années 1920 et 1950, et qui répondent encore aux usages d'aujourd'hui.

Au vu de la justesse et de la qualité de ces aménagements et des matériaux, il est devenu clair pour tous que ces projets restent toujours contemporains.

Le choix fut aussi de voir des projets qui sont aujourd'hui protégés par loi, et comment ce patrimoine paysager des années 1950 est reconnu comme œuvre et donc entretenu.

2ème journée "Paysagistes d'aujourd'hui"
Cette journée fut consacrée au travail actuel des paysagistes danois. Le rôle des paysagistes dans la région d'Oresund, zone créée grâce à l'effet Schengen entre Copenhague et Malmö, a été de participer activement à la transformation des zones portuaires en quartiers d'habitation et de loisirs : depuis peu, on se baigne dans les eaux jadis polluées du port.

3ème journée "Paysagistes de demain"
Aux abords de l'aéroport, des travaux sont en cours pour créer un pôle d'activités spécialisées en haute technologie, ainsi qu'une université scandinave en lien avec le thème du futur pôle.

Le rôle des paysagistes et des autres concepteurs de ces projets est de créer une identité à ce lieu, un ancien polder, pour qu'il puisse répondre au thème principal : écologie, développement durable et haute technologie.

4ème journée "A thèmes ou libre"
Trois propositions : l'énergie renouvelable, les quartiers d'habitations expérimentaux ou les espaces publics à Copenhague.

Lors de la préparation de ce voyage, Monsieur Jean-François Seguin, Chef du bureau des paysages au ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, a rappelé les expériences danoises sur l'énergie renouvelable et demandé de visiter un champs éolien.

Le Danemark fut en effet un pays qui, dès les années 1970, a mis en place une réelle politique sur l'énergie éolienne, aujourd'hui correspondant à 20% de l'énergie consommée. Une visite des dernières installations fut organisée : un site "off shore" de 20 éoliennes de 100m de haut, installées au large de Copenhague.

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